29 novembre 2009
Hourrah
Battling Siki après sa victoire contre Carpentier.

28 novembre 2009
Siki lévite
Battling Siki au moment de l'autopsie.

Photo tirée du livre de Peter Benson
16 novembre 2009
Helas, Siki
Il y a cinq ans, j'ai commence a me documenter sur le boxeur senegalais Battling Siki, le premier africain champion du monde, au destin tragique et haut en couleurs. J'ai boucle le scenario il y a deux ans. Puis le projet a pris du retard pour diverses raisons et on s'y est mis depuis peu avec Gregory Elbaz. Helas, un bouquin va sortir chez Futuropolis en janvier sur Siki. Grosse deception.
J'avais prevu le projet en deux tomes de 110 pages et ecrit le premier. Pas evident. On trouve un excellent bouquin americain sur Siki ecrit par Benson, et un francais, moins bon ecrit par Bretagne. Pourquoi moins bon ? Parce que le Francais, tout en denoncant le racisme qu'a subi Siki tombe parfois dans une caricature un peu complaisante.
Il existe aussi des documentaires, des romans et des articles sur Siki. L'ennuyeux, c'est que les journalistes presente souvent un personnage, un "negre", le caricature a souhait. Ca se passe dans la france et l'europe avant et apres la premiere guerre mondiale. Et la societe d'alors verse facilement dans les cliches. Il faut dire que Siki s'y prete, fantasque, extraordinaire. Et c'est l'ecueil.... Siki ressemble tellement a un personnage qu'il est presque evident d'en tirer une bd ou un film ou... mais Siki etait un homme et pas un personnage.
Et pour sortir de l'ecueil caricatural, sans nier sa dimension romanesque, il faut absolument le faire parler en tant qu'homme, le faire parler en tant que "je", lui faisant dire des choses qui ne font meme pas partie de la legende. Alors on sort du racisme, je suis un blanc mais je fais parler Siki qui est noir, tout simplement parce que nous sommes des hommes tous les deux. Esperons qu'Eddy Vaccaro, le dessinateur et son scenariste aient compris cela.
J'envisageais aussi le ring comme un espace théatralisé.
Siki ne saurait etre un personnage. Meme a ca, il echappe. Siki s'echappe toujours, il n'est pas la ou on l'attend. Ce boxeur, que les americains taxaient de Championzee, parlait 5 ou 6 langues, etait un provocateur a la posture dandy, avait des declarations fracassantes et absolumenty lucides sur la societe. Enfin, la boxe a change avec Siki ; il gere l'espace du ring, les distances, avance, recule, contourne. Sans doute faut-il y faire des liens avec la lutte senegalaise, dans sa dimension presque sacre.
Pour Siki, j'avais assiste a pas mal de matchs de boxe, et meme pris des cours pendant quelques mois avec une championne de France a Bordeaux. Pourquoi ? Bah, oui, peut-etre que ca ne servait a rien. Mais je lui temoignais tellement de respect. J'avais même écrit à l'armée pour avoir des infos sur ses décorations de guerre.
Je donne ici le prologue de l'histoire que j'avais imagine. C'est la fin en fait, la mort de Siki. Comme il me semblait que Siki avait conserve le fantasque et le jeu de l'enfance toute sa vie (finalement un combat contre la connerie du monde, et des tristes adultes), j'ai procede par scenes nous amenant a rebours, petit a petit vers une enfance plus lumineuse au Senegal et meme une communion avec l'ocean, qui devait etre la fin de ma version.
Siki a ete respecte par de grands boxeurs americain. Ses restes ont ete rapatries a Saint Louis du Senegal.
New-York, Harlem, Hell’s Kitchen, 16 décembre 1925, un peu après minuit.
Dans la 9ème avenue. Siki marche dans la rue, serré dans son manteau. Il neige un peu. Un lionceau le suit. Personne aux alentours.
Un policier, John J. Meehan, sort d’une ruelle.
John : Siki...
Siki : Oh, John... Je rentre à la maison, tu sais.
John caresse le lionceau.
John : Comment va le lion ? Il a bu quelque chose ?
Siki : Il a bu assez et le soleil lui manque. Il rentre chez lui.
John : C’est l’heure où les ombres se réveillent, Siki. Tu ferais bien de filer droit. Traîne pas !
Siki : T’en fais pas. J’y vais.
Siki a repris sa marche. De dos, il fait un signe de la main.
Siki : C’est bientôt Noël, John !
Siki marche dans la rue, précédé par son lion.
Vue en plongée sur la 31ème Ouest. Siki marchant dans la rue. Une ou deux personnes sur le trottoir.
Devant le 346, 31ème Ouest. Siki passe devant une ruelle. Deux hommes sont dans l’ombre. Sans doute des Irlandais, à en juger par les tâches de rousseur de l’un d’eux.
Un des hommes, un calibre .32 à la main, sort de l’ombre, et pointe son arme dans le dos de Siki. Il n’y a plus le lionceau.
L’homme tire dans le dos, au niveau d’un rein.
Plan sur Siki, qui se redresse, la bouche entrouverte, surpris.
L’homme tire encore, au-dessous d’une omoplate.
Plan sur les deux hommes observant Siki.
Siki ne s’est pas retourné. Il continue sa route, trébuchant.
On s’approche de son visage, des bulles de sang sortent de son nez et de sa bouche.
Les deux hommes l’observent marcher et s’éloigner d’eux. 20 mètres
Siki s’écroule dans la neige.
Plan sur Siki, face contre terre, dans le caniveau. Il neige. Plan d’ensemble. Devant le 354, 31ème Ouest.
8h du matin.
Plan sur deux policiers debouts contre un mur, dans un couloir, face à une porte.
Policier 1 : C’est elle ? La femme de Siki ?
Policier : Lilian, la deuxième, il paraît.
Policier 1, indiquant la porte ouverte : Par ici, madame...
Lilian est de dos face à lui.
Elle entre dans la pièce. Vue de face.
Plan sur elle, livide, bouche entrouverte.
Plan photo de Siki mort.
Plan sur les policiers.
Lilian : Je sais qui l’a tué. Je sais qui a fait ça !
Lilian : On est allé avec Louis dans la 31ème, au 331. Il y avait un type là-bas, un contrebandier, un maigrichon nommé Jimmy.
Lilian : Il a dit à Louis que s’il ne lui rendait pas ses 20 dollars, alors il aurait sa peau. C’est lui sans doute...
Policier (qui a regardé Lilian) : Qui sait ? La 9ème avenue, c’est pas un bon endroit pour pousser un type hors du trottoir, et ça, c’était un des coups favoris de votre mari...
Lilian : C’était un bon garçon. Il était juste un peu facétieux, mais il n’aurait fait de mal à personne.
Un policier saisit Lilian par le bras te l’entraîne pour qu’ils sortent de la pièce : Venez...On va faire l’autopsie...
Plan sur Siki mort, comme en lévitation. Plus de policiers, plus de décor autour de lui.
19 mai 2009
La Danse Macabre
Un chouette projet de deux albums avec l'ami Yann Taillefer. Je vous montre ici le 1er chapitre.








14 février 2009
Polski projekt

04 décembre 2008
Ninoszka w Polsce
Avec Marine, on monte en ce moment un dossier pour les éditeurs polonais. Mam nadzieje ze "Ninoszka" bedzie publikowal w Polsce. Moze jest szans, nie ?





07 août 2008
La Mère des Eaux
Bouclé aujourd'hui ce scénario : 100 pages merveilleuses pour une histoire analysant le processus de changement. Un groupe de personnages sur quelques jours, et ce qui se produit en eux quand survient la nouveauté et les adaptations nécessaires. Des thèmes qui s'entrecroisent en variations : découverte de la ville et découverte de soi, exploration, lutte, changement, l'eau comme symbole, véhicule des émotions. Et le voyeurisme, la contemplation, plutôt que l'action.
Je voulais parler de Lisbonne sans parler de Pessoa, de fado ou de saudade, ce perpétuel sentiment de manque. Dans la chaleur humide de la ville, Lisbonne est un de ces endroits où on a du mal à prendre des décisions, et les personnages luttent contre cette lourdeur.
09 juillet 2008
La Mère des Eaux avance. Quelques pages de plus, paresseusement, mais l'histoire me questionne. Elle se passe en 4 jours, deux jours d'écrits, le 3ème en cours, puis le 4ème acte à venir. A raison de quelques planches écrites par jour, plus une restructuration, des corrections, quand tout sera sorti... j'espère avoir bouclé fin juillet... Mais tout est question de concentration, et de lutte. Peut-être que je finirai ça la semaine prochaine.
Une histoire réaliste, mais avec un peu de fantasmagorie, des situations à la limite. je peux pas l'empêcher, la vraie réalité m'ennuie encore, je dérive facile vers le fantastique. J'espère que les nombreuses références à la vie lisboète, que je connais un peu pour l'avoir fréquentée trois ou quatre fois, suffiront à offrir une assise crédible au scénario.
07 juillet 2008
Une histoire du changement
Un retour en France, sur les plages atlantiques, et quelques réjouissances bordelaises en perspective. Je reprends La Mère des Eaux, une longue histoire qui se déroule à Lisbonne en 1999 sur le thème du changement. 73 pages écrites, en reste... hmmm... une trentaine... ça peut aller très vite. Hâte-toi lentement, ami.
17 avril 2008
Koniec scenariuszu, pustynia w glowie, nowe projekty, dziwny nastroj, oj, w week-endzie (?dziwny jezyk) bede pisac o tym